Coronavirus (Covid-19) : implications et rôle pour la pratique des psychologues

Publié le 14/03/2020 - Mis à jour le 26/03/2020

Ces lignes directrices ont été initialement développées par la VVKP en collaboration avec l'EFPA et l'UPPCF à partir des mesures annoncées par le Conseil National de Sécurité. Celles-ci ont été coordonnées avec les Cabinets flamand et fédéral de la santé publique et diffusées par le SPF Santé publique, Sciensano et la Commission des Psychologues. Nous tenons à les remercier chaleureusement pour cette coopération.

Le jeudi 12 mars 2020, le Conseil de sécurité nationale a annoncé une série de mesures drastiques qui sont d’application à partir de minuit dans la nuit du 13 au 14 mars 2020. Ces mesures n’ont pas été prises parce qu’il existe une menace immédiate pour votre propre santé, à l'exception des groupes vulnérables (personnes âgées, personnes souffrant de maladies chroniques ou ayant une résistance moindre), mais principalement pour que la propagation du virus reste contrôlable afin que notre système de santé ne soit pas surchargé. Il est donc de la plus haute importance que ces lignes directrices soient strictement appliquées. Nous considérons donc que nos tâches principales pour le moment en tant que psychologues sont d’aider en terme de communication et de changement de comportement, d’apporter notre soutien aux personnes touchées par la peur et la quarantaine tout en assurant la continuité des soins.

Mise à jour du 18/03/2020 : Suite aux mesures plus strictes annoncées par le Conseil de sécurité nationale le mardi 17 mars 2020 et qui sont entrées en vigueur le mercredi 18 mars 2020 à midi, nous souhaitons fournir un certain nombre de lignes directrices supplémentaires. Ces lignes directrices supplémentaires ont été émises en coordination avec le SPF Santé publique.

Où trouver des recommandations et informations sur le Coronavirus (COVID-19) ?

Nous vous invitons à consulter le site internet mis en place par le gouvernement : https://www.info-coronavirus.be/fr/

Pourquoi écrire des recommandations particulièrement pour les psychologues indépendants et cliniciens ?

Les recommandations que nous indiquons ci-dessous sont des recommandations générales qui peuvent être applicables à votre situation.
Toutefois, les psychologues qui travaillent dans les écoles, centres PMS, entreprises, hôpitaux, maisons de retraite… recevront des lignes directrices et des recommandations spécifiques adaptées à leur lieu de travail. Il appartient donc à chacune de ces institutions d’indiquer les meilleures mesures préventives à prendre selon leur spécificité.

Les mesures dans les hôpitaux, les services de santé mentale, etc.

Des directives supplémentaires sont attendues pour les hôpitaux, les centres de santé mentale et autres. Nous vous tiendrons informés dès que nous aurons plus d'informations.

La téléconsultation devient la norme, bien que des exceptions soient encore possibles (mise à jour du 18/03/2020)

Dans nos précédentes lignes directrices, nous vous avions informé des possibilités de la téléconsultation. Ces possibilités restent toujours valables.

Cependant, la téléconsultation devient la norme. Cela signifie que vous pouvez continuer à voir physiquement vos clients/patients uniquement si les trois conditions cumulatives suivantes sont remplies :

  • Cela concerne un client/patient pour qui une téléconsultation par téléphone ou en ligne n’est pas envisageable ;
  • Cela concerne un client/patient pour qui l’accompagnement ne peut être interrompu sans risque de décompensation, qui nécessiterait une aide d’urgence. Cette aide d’urgence (équipes mobiles, services d’urgence, médecins généralistes…) est déjà surchargée actuellement et nous devons tout faire pour éviter une surcharge plus importante.
  • Cela concerne un accompagnement pour lequel les mesures d’hygiène adaptées sont rencontrées (le patient/client n’est pas malade, les mains sont lavées, la distance sociale respectée, les lieux sont adaptés, etc.). Vous pouvez trouver un résumé des mesures d’hygiène dans nos lignes directrices déjà envoyées.

Dans tous les autres cas, il ne peut y avoir de consultations physiques. Nous comprenons mieux que quiconque que les pratiques et le secteur sont soumis à une forte pression en raison des listes d'attente et ne feront que croître. Cependant, en tant que psychologues, nous sommes en première ligne pour mettre en place les changements de comportement nécessaires pour faire face à cette épidémie. Nous devons donc vraiment donner l'exemple et respecter les lignes directrices !

Concrètement, cela signifie que vous n’êtes pas obligé de fermer votre cabinet. Que du contraire, le gouvernement demande aux psychologues de laisser leur cabinet ouvert et donc de continuer à travailler, mais de privilégier la téléconsultation en ligne ou par téléphone comme nouvelle norme.

Enfin, l’INAMI publiera d'autres lignes directrices concrètes sur le télétravail pour toutes les professions de santé. Les psychologues cliniciens sont inclus et recevront donc normalement bientôt des lignes directrices concrètes supplémentaires de l'INAMI.

Lignes directrices générales sur la communication, le premier accueil et le changement de comportement

Le coronavirus (Covid - 19) est au centre de l'actualité. Maintenant que le gouvernement a pris des mesures drastiques qui affectent la vie quotidienne des citoyens, l'agitation au sein de la population grandit. Nous demandons donc aux psychologues de diffuser les conseils suivants à la population de toutes les manières possibles :

  • Gardez le bon point de vue : actuellement, il existe deux menaces réelles :
  1. Les groupes vulnérables : le virus menace un certain nombre de groupes dans notre société, en particulier les personnes âgées (65 ans et plus) et les personnes déjà affaiblies (par exemple par une autre maladie). Nous devons les protéger.
  2. La surcharge du système de santé : il existe un risque réel de surcharge de notre système de santé. En conséquence, les soins de base essentiels ne pourraient plus être fournis en raison de la défaillance des prestataires de soins de première ligne ou les personnes touchées ne pourraient plus être admises dans nos hôpitaux. Nous ne pouvons peut-être pas prévenir l'infection, mais nous pouvons réduire et aplanir le pic d'infection afin d'éviter une telle surcharge.

Il n'y a donc pas de danger immédiat pour votre propre santé.

  • Assurez-vous de bien connaître les faits : dans une période d’anxiété, nous savons que des "fake news" circuleront bientôt ou circulent déjà. Les recherches en psychologie nous ont appris que lorsque les gens sont anxieux, ils font preuve d'un biais cognitif et sont plus susceptibles de prêter attention aux éléments qui les dérangent et de les amplifier. Rectifiez cela et faites appel aux informations officielles et objectives fournies par le gouvernement : https://www.info-coronavirus.be/fr/.
  • Parlez-en avec vos enfants : surtout maintenant que les cours et les activités récréatives et sportives sont suspendus, ces mesures touchent également les enfants. Parlez-en avec eux en leur donnant des informations vraies et adaptées à leur âge. Les parents peuvent aider leurs enfants à faire face au stress et à l'anxiété en les laissant se concentrer sur la routine quotidienne. N'oubliez pas que les enfants considèrent leurs adultes proches comme des modèles sur la manière de gérer cette situation. N’hésitez pas à le rappeler aux parents.
  • Restez en contact : En restant en contact avec votre environnement, vous pouvez maintenir une certaine forme de normalité, partager des sentiments et évacuer le stress. Encourager les gens à partager entre eux les directives et les informations officielles afin de réfuter les "fake news" et de ne pas faire grandir le sentiment d’inquiétude. Respectez toutefois les mesures gouvernementales visant à empêcher la propagation du virus.
  • Cherchez une aide professionnelle : remarquez si vous êtes submergé par des sentiments d'anxiété, de peur et que ceux-ci perturbent votre vie quotidienne (travail, relations personnelles). Contactez ensuite un professionnel de la santé mentale, de préférence un psychologue de votre région. Il est très important de ne pas surcharger davantage les établissements tels que nos hôpitaux pour le moment.
  • Encouragez la sécurité personnelle : les gens peuvent veiller à leur propre sécurité et à celle de leur entourage. Ce sentiment de maîtrise de soi est important pour contrecarrer les sentiments d'anxiété. Cela peut se faire en suivant les directives du gouvernement en matière d'hygiène personnelle (par exemple, le lavage des mains), de mesures sur leur environnement (tel qu’éviter les événements), de respect de la distance sociale (par exemple : éviter un trop grand nombre de personnes dans des environnements trop petits), etc. Un aperçu de ces mesures est disponible sur https://www.info-coronavirus.be/fr/.

Lignes directrices spécifiques aux psychologues cliniciens en pratique

Il est important de comprendre la logique qui sous-tend ces lignes directrices. En premier lieu, il est important d'assurer la continuité des soins pour nos patients qui ont besoin de soins. En outre, il est important de prévenir toute nouvelle propagation du virus. Enfin, nous devons tout faire pour que notre système de santé ne soit pas surchargé.

  • Garantir la continuité des soins : il n'est pas conseillé de fermer votre cabinet pour le moment, bien au contraire. Si nous fermons tous nos cabinets, nous risquons de surcharger la deuxième ligne, la troisième ligne et les services d'urgence. Nous devons éviter cela à tout moment ! Pensez également à la situation dans laquelle vous seriez vous-même malade. Nous vous conseillons de prendre des accords avec vos collègues à proximité.
  • Poursuivez les accompagnements essentiels : vérifiez attentivement dans le dossier de votre patient quels accompagnements doivent être poursuivis et quels traitements peuvent être temporairement arrêtés, au moins jusqu'au 03 avril 2020. Faites cette évaluation principalement sur la base de l'appréciation du risque de décompensation de votre patient sans suivi qui rendrait nécessaire des soins plus intensifs et menacerait de surcharge.
  • Limiter la propagation du risque : le plus grand risque à l'heure actuelle est la contamination intergénérationnelle (différents âges en un même lieu). L'une des zones à risque pour cette contamination est la salle d'attente. Si l’accompagnement doit être poursuivi :
  • Veillez à une bonne hygiène dans la salle d'attente et pendant vos consultations : les recommandations en matière d'hygiène de base sont bien entendu en vigueur pendant vos consultations :
    • Invitez les gens à se laver et à se désinfecter les mains ;
    • Evitez tout contact physique (gardez une distance minimale de 1 mètre, saluez-vous à distance) ;
    • Encouragez les gens à ne pas payer en espèces. Si vous utilisez un terminal de paiement, désinfectez-le régulièrement.)
  • Eviter la présence de groupes vulnérables (personnes âgées, affaiblies). Vous pouvez par exemple demander aux gens d'attendre dans la voiture plutôt que dans la salle d'attente.
  • Personnes malades : utiliser les consultations par internet et par téléphone (voir plus loin). Veillez à ne pas recevoir ces personnes dans votre salle de consultation.

Sur le site de Sciensano, vous trouverez d'autres conseils pour les travailleurs de première ligne : https://epidemio.wiv-isp.be/ID/Pages/2019-nCoV.aspx.

  • Détection précoce : la définition du cas actuel de coronavirus (Covid - 19) englobe une infection aiguë des voies respiratoires supérieures ou inférieures, ou une personne souffrant d'un trouble respiratoire chronique dont l'état se détériore. Conseillez à ces personnes de contacter leur médecin généraliste par téléphone. Soulignez que ces personnes devraient d'abord contacter leur médecin généraliste par téléphone au lieu de se présenter en personne.
  • L'anxiété secondaire : avec les mesures affectant de plus en plus la vie quotidienne des gens, l'anxiété au sein de la population va augmenter. Nous vous demandons de prévoir un espace dans votre cabinet pour accueillir les personnes anxieuses, qui peuvent avoir besoin d'une aide à court terme pour éviter d’aggraver encore leur peur. Les conseils ci-dessus peuvent être utiles lors de cette première rencontre.
  • Privilégiez autant que possible les consultations par internet et par téléphone : Afin d'éviter une nouvelle propagation du virus, mais en même temps de garantir la continuité des soins, les consultations par téléphone et par internet offrent une alternative valable. Utilisez cette alternative autant que possible. Des lignes directrices spécifiques pour le recours à la téléconsultation et des outils en ligne ont été élaborés par le Standing Committee on Psychology & Health et le Project Group E-health de l'EFPA, European Federation of Psychologists' Associations.

Lignes directrices pour le recours à la téléconsultation (mis à jour le 16/03/2020)

Pendant cette période de (auto-) quarantaine dans le cadre du coronavirus COVID-19, l'EFPA, European Federation of Psychologists' Associations, souhaite souligner la valeur ajoutée et l'importance des téléconsultations.

Le Standing Committee on Psychology & Health et le Project Group E-health affirment que les consultations en ligne, notamment par le biais du chat vidéo, sont une alternative possible pour les soins et la thérapie psychologiques. C'est essentiel pour protéger non seulement votre propre santé, mais aussi celle de vos patients/clients. Les recherches montrent que les consultations en ligne sont légèrement moins optimales que les soins conventionnels, mais peuvent néanmoins conduire à des résultats similaires.
Des lignes directrices complètes pour des soins éthiques et fondés ont été adoptées au niveau international depuis un certain temps déjà (par exemple, les lignes directrices de l'American Psychological Association, https://www.apa.org/practice/guidelines/telepsychology). Ils aimeraient souligner les points essentiels suivants pour l'utilisation de cette technologie à court terme :

  1. Discutez de cette option avec votre patient/client, de préférence par téléphone. Expliquez la logique sous-jacente et soulignez l'importance de recourir aux téléconsultations pour le moment. L'idéal est de ne commencer un tel processus que pour maintenir un accompagnement en cours : cela vous donnera également une meilleure idée de la manière d'intervenir en cas d'urgence, par exemple en cas de risque d'automutilation ou de suicide.
  2. Assurez-vous que vous et votre patient/client êtes dans une pièce isolée et calme et ne pouvez pas être dérangés par d'autres personnes.
  3. Prévoyez suffisamment de temps pour les problèmes techniques éventuels.
  4. N'utilisez pas un ordinateur public, déconnectez-vous après une session et assurez-vous que votre système d'exploitation et vos applications sont à jour.
  5. En cas de violation de la sécurité de votre appareil, informez les patients/clients et la police et faites appel à un professionnel de l'informatique.
  6. Utilisez des outils professionnels : n'utilisez pas Messenger, WhatsApp, Skype ou Telegram. Ces applications sont interdites dans plusieurs pays pour les psychologues qui souhaitent établir des contacts professionnels. Toutefois, dans certains pays, comme le Royaume-Uni, une exception explicite est faite temporairement, en raison de l'urgence de la situation.

Divers outils sont actuellement disponibles, mais aucun n'est totalement adapté aux psychologues belges et à nos services de santé mentale. Nous fournissons un premier aperçu ad hoc des outils possiblement pertinents aussi bien général qu’orienté vers les soins. À cette fin, la VVKP a travaillé entre autres avec Sofie Staelraeve de Dashplus, Piet Cordemans (IoT-incubator, Vives hogeschool) et Philippe Bocklandt (Onlinehulp, Arteveldehogeschool).

  • Webcamconsult : Outil de soins des Pays-Bas. 14,95€ par mois et un compte test gratuit durant 1 mois.
  • Kara Connect : Système accessible adapté aux besoins des professionnels de la santé, originaire d’Islande. 29 € par mois.
  • Zoom for Healthcare : La variante pour les soins de la célèbre plateforme de réunion. 189,60 € par mois, jusqu'à 10 appels simultanés. Il semble particulièrement adapté aux pratiques de (grands) groupes.
  • Whereby : Outil convivial de la Norvège. Pas spécialement conçu pour les soins. Gratuit ou 9,99 € par mois pour un compte professionnel.
  • Wickr : Application provenant des États-Unis. Pas spécifiquement pour les soins de santé, mais particulièrement avancée en matière de sécurité et avec de vastes possibilités de personnalisation du stockage des données.

Lignes directrices supplémentaires pour les psychologues indépendants

  • Préparez votre pratique : déterminez si vous pouvez faire preuve de plus de souplesse dans le suivi de vos patients/clients. Pouvez-vous adapter votre politique générale concernant les annulations de dernière minute ? Avez-vous préparé un plan alternatif au cas où vous seriez vous-même malade ? Quelqu'un peut-il continuer à assurer la communication avec vos patients/clients au cas où vous seriez vous-même malade ? Avez-vous établi une liste de numéros utiles que vos patients/clients peuvent contacter en cas d'urgence ?
  • Établissez un plan de communication pour vos patients/clients : déterminez les mesures que vous prendrez pour rester en contact avec vos patients/clients et leurs proches en cas de confinement ou de quarantaine. Déterminez également les mesures que vous prendrez en cas d'annulation d'un rendez-vous ou de maladie. Notez toutes ces mesures dans un document que vous pouvez partager avec vos patients/clients et qui peut servir de source de discussion. N'hésitez pas à envoyer ce document par courrier électronique ou à le publier sur votre site internet.

Les mesures pour tous les établissements de santé dans le secteur de la santé mentale (mis à jour le 19/03/2020)

En Wallonie, cliquez ici pour lire le PDF.

A Bruxelles, cliquez ici pour lire le PDF.

(Même document, seulement l'adresse de contact est différente.)

COVID-19, quid du soutien psychosocial ? (mis à jour le 26/03/2020)

Consultez le PDF de la communication ici.

Situation particulière : quarantaine (mis à jour le 20/03/2020)

Une situation particulière concernant le coronavirus, les patients/clients mis en quarantaine. Cela signifie une situation particulièrement difficile et stressante pour le patient/client. Un collègue Atle Dyregrov, professeur de psychologie clinique à l'université de Bergen, en Norvège, a écrit ce texte utile sur la manière de gérer l'isolement et la quarantaine. Ce texte contient de bons conseils utiles sur la manière de traiter ces personnes : https://krisepsykologi.no/how-to-cope-with-quarantine-isolation/. Mise à jour du 20/03/2020 : Vous pouvez télécharger ici la traduction proposée par Isabelle Eeckhout que nous remercions chaleureusement : Texte quarantaine coronavirus FR mars 2020

Cette ligne directrice sera encore adaptée en fonction des évolutions futures.

Mesures pour les indépendants

Les indépendants complémentaires qui cotisent autant que les indépendants à titre principal pourront aussi bénéficier du droit passerelle. (mis à jour le 25/03/2020)

Le Ministre des Indépendants Denis DUCARME a envoyé une circulaire interprétative à l’ensemble des caisses d’assurances sociales afin que les indépendants complémentaires assimilables à des indépendants à titre principal impactés par le Coronavirus puissent bénéficier d’un revenu de remplacement. Les indépendants complémentaires qui paient des cotisations obligatoires sur la base d’un revenu annuel au moins égal à 13.993,78 euros (soit des cotisations trimestrielles obligatoires de 717,38 euros hors frais) pourront ainsi bénéficier du revenu de remplacement pour les mois de mars et avril.

Professionnel de la santé, je continue à travailler pour aider à répondre à la crise sanitaire. Puis-je bénéficier du droit passerelle ? (mis à jour le 20/03/2020)

Oui.

Tous les professionnels de soins indépendants à titre principal qui interrompent volontairement leurs activité, mais qui bien entendu interviennent encore pour des cas (para-)médicaux urgents, conservent les droits à la mesure de crise du droit passerelle et ce, pour autant qu'ils stoppent bien complètement leurs activités (para-)médicales non urgentes durant au moins 7 jours par mois.

Plus d’informations ? Regardez sur ucm.be

Quelques liens

Toutes ces mesures et les réponses à de nombreuses questions que se posent les indépendants et les PME sont disponibles sur les sites suivants en collaboration avec les entités fédérées :

Aides proposées par le gouvernement fédéral aux indépendants

Le coronavirus a un impact financier, surtout pour les nombreux psychologues indépendants. Nous en sommes conscients et restons en contact avec le gouvernement.

Pour l'instant, nous pouvons vous informer que le SPF Santé publique vous a fait savoir qu'en ce qui concerne les remboursements, chaque question sera examinée après la crise du coronavirus, en fonction de la gravité, de la durée, des conséquences de la crise du coronavirus et des possibilités budgétaires.

Nous tenons également à souligner que vous pouvez consulter les sites web mentionnés dans nos lignes directrices. Ces sites internet seront normalement mis à jour avec des informations plus récentes.

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Article publié dans le Guide Social en date du 05/03/2020

Face à la crise du coronavirus, le ministre Denis Ducarme vient de prendre plusieurs mesures pour protéger les indépendants. Ces derniers pourront bénéficier de dispenses ou reports de paiements des cotisations sociales. De plus, l’obtention d’un revenu de remplacement après sept jours d’inactivité sera facilitée. Des coups de pouce qui ne seront pas de refus pour les nombreux indépendants du secteur psycho-médico-social.
Au niveau fédéral, le ministre libéral Denis Ducarme vient de lancer un plan de soutien aux indépendants. Une initiative qui a pour but de protéger ces travailleurs de l’impact éventuel du coronavirus sur leur activité professionnelle.
Le mandataire MR a signé une circulaire à destination des caisses d’assurances sociales visant à simplifier les mécanismes de demande de facilités de paiement pour les cotisations sociales. Il va par ailleurs assouplir rapidement la procédure d’octroi d’un revenu de remplacement (le « droit passerelle », équivalent du chômage des indépendants) en cas d’interruption forcée d’activité.
« Il est indispensable de nous tenir aux côtés de nos PME et de nos indépendants. C’est pourquoi j’ai demandé aux caisses d’assurances sociales d’accéder automatiquement et de façon simplifiée aux demandes de report, de dispense ou de réduction des cotisations sociales pour les indépendants impactés par le coronavirus », a annoncé Denis Ducarme. « Je vais en outre assouplir rapidement la procédure d’octroi du revenu de remplacement en cas d’interruption forcée d’activité. Il s’agit d’offrir aux indépendants dont l’activité serait impactée par le Coronavirus une véritable bouffée d’oxygène en termes de trésorerie, afin d’amortir l’impact économique que pourrait avoir ce virus sur leur activité. L’INASTI, l’administration des indépendants, se tient aussi à leur disposition pour toute question relative à leur statut via son site internet et un standard téléphonique. »

Les mesures adoptées par Denis Ducarme sont multiples :

Facilités de paiement des cotisations sociales

La circulaire signée par Denis DUCARME vise à demander aux caisses d’assurances sociales d’octroyer des facilités de paiement à l’ensemble des indépendants affectés par les conséquences de l’épidémie.
Concrètement, les indépendants concernés pourront obtenir, selon leur cas :

  • une réduction des cotisations sociales provisoires pour l’année 2020. L’indépendant se verra, sur base des impacts que l’épidémie a sur son activité, automatiquement autorisé à réduire ses cotisations sociales provisoires. Le niveau de la réduction restera à déterminer avec sa caisse d’assurances sociales sur la base des explications et du dossier (niveau de baisse des ventes/commandes, réduction du chiffre d’affaire, etc.).
  • une dispense des cotisations sociales pour les 2 premiers trimestres de l’année 2020. Les indépendants touchés par la crise peuvent introduire une demande de dispense de cotisation auprès de leur caisse d’assurances sociales comme tous les indépendants. Ce traitement sera quasi automatique pour les trimestres 2020/1 et 2020/2. La nouvelle procédure simplifiée, issue de la réforme portée par le Ministre Ducarme, permet pour rappel, dans des situations comme celle-ci, aux indépendants d’obtenir une réponse beaucoup plus rapidement.
  • le report de paiement d’un an des cotisations sociales pour les 2 premiers trimestres de l’année 2020. Tout indépendant confronté à des difficultés de paiement de ses cotisations en temps et en heure en raison de l’impact du coronavirus pourra obtenir ce report d’échéance, avec la double garantie que les majorations seront effacées au moment du paiement effectif et que tous ses droits sociaux sont maintenus dans l’intervalle. En effet, pendant cette période, l’indépendant conserve ses droits à l’assurance soins de santé, à l’assurance incapacité de travail et maternité, aux autres congés (adoption, paternité, aide d’un proche, congé parental d’accueil) ainsi que la couverture droit passerelle si l’indépendant doit finalement se résoudre à cesser son activité.

Une simplification du revenu de remplacement

Denis Ducarme va par ailleurs rapidement simplifier l’accès au revenu de remplacement (« droit passerelle ») pour les cas d’interruption forcée. Une mesure qui bénéficierait bien entendu aussi à l’ensemble des indépendants potentiellement impactés par le coronavirus.
Cet assurance « droit passerelle » doit être demandée auprès de la caisse d’assurances sociales : l’indépendant peut alors bénéficier d’un revenu de remplacement d’un montant mensuel de 1.266,37 euros (1.582,46 en cas de charge de famille).
Denis Ducarme présentera au Kern une mesure d’assouplissement des conditions d’octroi qui aura pour objectif qu’un revenu de remplacement puisse être obtenu pour toute interruption forcée d’au moins 7 jours calendriers (au lieu d’un mois civil complet aujourd’hui). Par exemple dans le cas d’une mise en quarantaine qui serait ordonnée par l’autorité à l’étranger ou ici en Belgique, l’indépendant bénéficiera de l’octroi de ce revenu de remplacement.

L’INASTI et les caisses d’assurances sociales

Il est enfin primordial d’informer au mieux les travailleurs indépendants concernés des différentes mesures mises en place. L’INASTI et les caisses d’assurances sociales seront bien entendu en première ligne pour informer et répondre aux questions des indépendants qui le souhaitent et qui ont besoin de faire appel à ces mesures.
L’INASTI a d’ores et déjà adapté son site internet. Un standard téléphonique est aussi à disposition des indépendants qui souhaitent disposer d’informations complémentaires sur le report de cotisations sociales (Tél. +32 2 546 45 95) ou les dispenses (Tél. +32 2 546 60 20).
En cas de difficultés de paiement, la première démarche à réaliser est de s’adresser sans délais à sa caisse d’assurances sociales.

Références pour écrire cette page


     
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